Dès 1955, le Pakistan manifeste son interêt pour le nucléaire
en créant la Commission Pakistanaise à l'Energie Atomique
et achéte, aux Etats-Unis, un réacteur de recherche qui entre
en service en 1965.
En 1957, le Pakistan adhére à l'Agence Internationale à
l'Energie Atomique.
En 1972, le pays lance son premier programme nucléaire militaire
complet après sa défaite face à l'Inde et la perte
du Pakistan Oriental.
Dans les années 80, le Pakistan multiplie ses efforts pour se procurer
illégalement tous les composants nécessaires à la
fabrication d'une arme nucléaire.
En 1988, un journaliste américain publie les estimations de l'administration
américaine à propos des forces nucléaires pakistanaises
: le pays aurait assez d'uranium enrichi pour fabriquer quatre à
six armes, ce qui ne signifie pas que l'assemblage opérationnel
soit effectivement maitrisé.
Dans sa quête de la puissance nucléaire, le Pakistan aurait reçu l'aide successive de la France, de la Chine (pour contrebalancer l'aide soviétique fournie à l'Inde) et des Etats-Unis.
Comme pour l'Inde, on ne sait pas grand-chose du potentiel pakistanais, d'autant plus que dans le pays même, les déclarations sont contradictoires sur les capacités militaires. Le ministre de la défense et les responsables scientifiques affirment l'existence d'une force nucléaire opérationnelle. La diplomatie, qui se veut beaucoup plus prudente, soit dément, soit s'en tient à une ambiguité quant à la capacité de construire des armes si le besoin s'en faisait sentir.
En ce qui concerne les motivations du Pakistan, c'est avant tout l'antagonisme avec l'Inde qui constitue le moteur essentiel de son programme nucléaire. De ce fait, le 31 décembre 1988, les deux Etats ont signé un accord de non-agression de leurs installations nucléaires, entré en vigueur le 27 janvier 1991 au terme d'une crise très violente à propos du Cashemire, durant laquelle le recours à l'arme nucléaire aurait été envisagé.