Réalisme et idéalisme ,cynisme et réalité politique contre morale et humanisme, partisans et opposants au nucléaires ne peuvent pas parler le même language, leur postulat de base étant radicalement différent. Une seule certitude, notre défense est basée sur le nucléaire et on ne pourra rien y changer. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est aller vers plus de communication entre gouvernants et gouvernés.
Si le nucléaire et ses effets font aussi peur, c'est parce qu'ils ont toujours été auréolés par le culte du secret, indispensable pendant les années de Guerre Froide. Il ne suffit plus aux techniciens d'affirmer que tout se passera bien et qu'il faut leur faire confiance. Une plus grande transparence ne pourrait jouer qu'en la faveur des dirigeants. D'après les sondages d'opinion, deux tiers des personnes interrogés ont toujours soutenu la dissuasion, même dans les pires crises et pourtant la même proportion se dit hostile aux essais. Il serait peut-être plus facile à l'opinion publique d'assumer ce paradoxe si elle pouvait justement bénéficier d'une plus grande information (par exemple, sur la doctrine d'utilisation de l'arme nucléaire). Il serait aussi souhaitable que tous les rapports sur les conséquences des essais sur l'environnement soient rendus publics.
Il ne devrait plus y avoir ni méprise ni malentendu sur des sujets aussi graves qui engagent chaque citoyen. Il faut arriver à faire sauter le verrou du secret pesant sur le nucléaire afin qu'il ne soit plus synonyme d'ignorance, elle-même source de peur.